Comment apprendre à tisser des galons facilement et avec très peu de matériel ?
Bonjour !
Cette fois-ci, c’est Théa, ma fille, qui a voulu s’essayer au tissage d’une bande.
Je suis contente, parce qu’on a passé un super moment toutes les deux et que j’ai vu comment réussir à tisser un galon (avec un peu d’aide) l’a rendue fière d’elle !
Je débute, elle le sait.
On expérimente ensemble, quelques fois ça marche, quelques fois je n’ai pas de réponse à lui apporter et on cherche ensemble comment faire.
C’est d’autant plus important, à mes yeux, qu’on ne voit que les réussites.
Dans les vidéos, tout est beau, dans les spectacles, tout est au poil carré et les sportifs de haut-niveau montrent des prouesses.
Oui, et tout ça, c’est au prix d’efforts.
Au prix d’une quantité d’heures d’essais, de séances d’entraînement, d’erreurs et de progrès au fur et à mesure.
Heureusement pour Théa, tisser avec un métier à tisser ceinture s’apprend vite !
Et elle a pu ressentir l’effet « calmant » et « méditatif » dès le premier essai.
Je te laisse découvrir son premier galon, aux couleurs d’un lever de soleil !
Bonne lecture 🙂
Alice
Galon de Théa : encore moins de matériel !
L’idée (ou l’excuse pour recommencer ^^)
Je ne sais pas si j’ai bien fait, je suis partie du principe que tourner des cartes dans le bon sens en suivant un patron pouvait être un peu déroutant pour un enfant de moins de 10 ans.
Théa voulait se faire une ceinture, qui faisait penser au lever de soleil.
Elle souhaitait simplement tisser, dans sa version la plus simple.
Et moi, j’ai à cœur de lui faire expérimenter le bien-être qui se dégage de cette activité manuelle.
J’ai envie qu’elle puisse, elle aussi, ressentir que son corps et son esprit s’harmonisent au rythme des passes du fil de trame entre les fils de chaîne.
Je lui propose donc un tissage simple au métier à tisser ceinture, sans carte.
La mise en roots
En regardant des tutoriels et en lisant des articles sur le backstrap loom (métier à tisser ceinture en anglais), j’ai trouvé les informations partagées par une dame Australienne qui vit en Bolivie.
Vraiment top !
Cette dame, c’est Laverne Waddington.
Elle tient un blog (en anglais) sur lequel elle partage une partie de son savoir-faire et aide les débutants à comprendre comment faire fonctionner le métier à tisser ceinture.
Laverne Waddington a appris à tisser auprès des indigènes d’Amérique du sud depuis 1996.
Elle dessine et tisse ses propres modèles d’inspirations ancestrales ou modernes et partage ses connaissances et ses patrons en vidéo et dans des livres.
Elle continue d’explorer différentes techniques et elle est très accessible, via Facebook notamment dans le groupe Backstrap Loom Weaving.
Un exemple de ce qu’elle fait avec un métier à tisser ceinture ici.
Parce que je ne peux pas m’offrir de cours en personne pour le moment et que les vidéos gratuites ne remplacent pas une vidéo « formation », pensée pour que l’apprenant.e progresse vite, j’ai acheté sa formation vidéo sur Taprootvideo.
Dedans, elle apprend comment installer un métier à tisser ceinture pour faire un tissage simple avec des lisses en fil.
J’ai appliqué les connaissances gagnées pour installer le métier à tisser ceinture pour Théa.
Comme promis, il faut très peu de matériel :
- 2 bâtons en bois
- de la cordelette
- 1 navette-battoir
- du fil de coton (pour moi gazé et mercerisé. Gründl Quick, mon préféré !)
Le tissage simple avec métier à tisser ceinture
Préparation des fils de chaîne
La préparation des fils de chaîne est un peu différente de celle que je vous montre dans la vidéo sur le tissage aux cartes avec métier à tisser ceinture :
- j’enroule les fils en les croisant au milieu (la croix du tisserand)
- je ne coupe pas les extrémités
Laverne montre des photos très intéressantes sur son blog dans cet article : https://backstrapweaving.wordpress.com/backstrap-weaving-basic-warping-for-backstrap-looms/
Ce qui change aussi, c’est la manière de créer des foulées.
Avec des cartes, je tourne les cartes vers moi ou loin de moi pour créer des foulées et faire apparaitre le motif et chaque carte contrôle 4 fils.
Le nombre de foulées différentes possible est énorme, puisqu’il y a plusieurs cartes de 4 fils chacune que je peux contrôler indépendamment.
En tissage simple, deux foulées possibles.
Les fils de chaîne sont contrôlés couche par couche : une couche en haut, une couche en bas.
La navette passe entre ces deux couches.
Une lisse faite de fil de coton (string heddle) permet de faire monter tous les fils de la couche A ensemble.
La seconde couche de fils de chaîne B reste libre et bouge en opposition avec la couche A.
La lisse est composée des fils blancs qui dépassent du tissage dans la vidéo de Laverne :
J’ai débuté le tissage pour Théa, parce qu’il y a quelques astuces à connaître pour se faciliter la vie.
Elle a vite pris la suite !
Retour d’expérience
Passer l’obstacle de la peur de l’échec
Ma fille est une enfant comme beaucoup d’autres.
Et même comme beaucoup d’adultes.
Peut-être que tu te reconnaîtras dans son ressenti à ce moment-là.
Lorsqu’elle sent qu’elle n’y arrive pas aussi bien, aussi vite, aussi comme c’est dans sa tête, elle se braque et se met à pleurer.
« C’est moche ce que je fais ! »
« J’y arriverai jamais ! »
« De toute façon, je suis nulle ! »
Il faut le savoir, les premiers essais ne sont jamais aussi beaux que les 100èmes, les 1000èmes et les 100000èmes.
Personne ne réussit un salto avant triple buse comme Simone Biles aux Jeux Olympiques au premier essai. Ni au 2ème, ni au 3ème.
C’est important de se fixer des objectifs réalistes.
Alors c’est quoi, un objectif réaliste quand tu débutes le tissage (avec ou sans cartes) au métier à tisser ceinture ?
- Premièrement, réussir à trouver le matériel dans ce que tu as déjà
Ça demande un peu de créativité, de recherche.
Et puis si le matériel trouvé ne te convient pas, s’en rendre compte et chercher autre chose. - Deuxièmement, arriver à installer le métier à tisser : préparer les fils de chaîne, les lisses et le fil de trame.
- Troisièmement, arriver à passer le fil de trame entre les fils de chaîne et tisser pour la première fois.
Pas d’objectif sur le résultat « esthétique » du tissage, sur sa régularité, sur sa conformité avec les photos vues sur Pinterest.
Et puis prendre conscience, que tout ça, c’est déjà ENORME !!!
Tu fais partie des gens qui continuent à apprendre des choses une fois l’école terminée !!!
De celles et ceux qui agissent pour eux-mêmes. T’es au TOP 😊
Bravo ^^
Pour Théa, l’objectif était uniquement le 3ème.
Je l’ai accompagnée pour qu’elle se concentre sur le tissage en lui-même, sur ce qu’elle ressentait (plaisir, frustration, fierté, déception…), attachée au métier à tisser, faisant partie intégrante du procédé de tissage.
Une vraie leçon de vie, qui pour moi est valable pour tous les apprentissages et toutes les nouvelles choses dans la vie.
Le plaisir de tisser (ou pas !)
Le chemin de l’apprentissage n’est pas linéaire : des hauts, des bas, de la motivation, puis de la démotivation, etc.
Le chemin du tissage peut lui aussi, varier selon tes états d’âmes et ton énergie, ta capacité de concentration et de détente du moment…
Il y a des jours où Théa tissait 30 minutes sans s’arrêter.
En prenant son temps, en observant passer le fil de trame de gauche à droite, puis de droite à gauche et en appréciant de voir ce qu’elle arrivait à faire : tisser un galon toute seule.
Et d’autres jours, où je l’aidais à s’installer pour l’aider à ranger tout 5 minutes après.
Parce qu’à ce moment-là, ce n’est pas de tisser dont elle avait envie / besoin.
Et c’est ça qui est top !
Ce moment, quand tu rentres dans une activité manuelle, et que tu te rends compte que non, ce n’est pas de ça dont tu as besoin ici et maintenant.
Parce que tu ouvres un espace-temps où tu te dis : je n’ai pas besoin de ça, de quoi ai-je besoin ?
Et hop, une super opportunité pour s’entendre soi et surtout s’écouter !
Plusieurs mois après
Lorsqu’elle a eu fini son galon, Théa se sentait mitigée.
A la fois contente d’avoir terminé, fière d’elle pour avoir réussi.
Et en même temps, triste de ne pas avoir réussi aussi bien qu’elle l’avait imaginé dans sa tête.
5 mois plus tard, elle prend plaisir et fierté à montrer à tous nos visiteurs ce qu’elle a réalisé avec du simple fil de coton.
Et elle vient de me demander de recommencer, parce que j’ai terminé une bande tissée avec des cartes et que le métier à tisser ceinture est libre.
J’ai l’impression que le bilan est plutôt positif, j’espère qu’elle trouvera un plaisir différent pour sa prochaine bande et surtout, qu’elle apprendra au fur et à mesure qu’elle grandit, à moins se juger.
Et moi, dans tout ça ?
J’ai adoré essayer de transmettre ce que je ressens quand je tisse : de la détente, une bonne concentration, sur une seule chose à la fois, qui me fait plaisir et m’aide à me recentrer.
Passer du temps avec ma fille pendant une activité manuelle me laisse un super souvenir.
Il faut certes de la patience, être disponible pour quand il y a un blocage physique, lié au tissage et mental, lié à l’apprentissage de nouveaux gestes, de nouveaux concepts, d’ouverture du champ des possibles.
De la patience, j’en ai plus que je ne me laisse le croire.
Il y a un truc que j’aime par-dessus tout quand je transmets des connaissances, même fraîchement acquises, c’est que je suis forcée de faire des efforts pour expliquer de la meilleure manière.
Et expliquer aux autres, c’est aller plus loin dans ma propre compréhension.
C’est m’approprier pleinement les connaissances et renforcer mes compétences.
De quoi booster ma confiance en moi et me motiver pour continuer à écrire des articles sur ce blog.
Pour que chacun.e se sente capable de commencer une activité créative en se jugeant moins.
Merci de m’avoir lue jusqu’ici.
J’espère que toi aussi, tu profites des nombreux bénéfices des activités manuelles sur la santé en général et notamment sur la santé mentale.
Le bien-être se travaille tous les jours.
Il vaut mieux faire 15 minutes quotidiennement plutôt qu’une heure par semaine.
En pleine conscience <3
Bisous
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